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Le Rucher de Cantegril

Expérimentation sur l’hivernage artificiel des ruches.

Si vous voulez vous mettre à l’hivernage artificiel et faire le choix d’un des modes d’hivernage > voir la page Protocole

Nouvelle vidéo : Bilan final de l’expérimentation sur l’hivernage des ruches -Conférence SAO du 8 sept 2022 Cette vidéo parle de l’expérimentation dans son ensemble (avec des témoignages d’apiculteurs expérimentateurs) mais aussi des divers moyens de luttes contre le varroa : chimiques, biotechniques et naturels. Je vous invite vivement donc à la visualiser dans sa totalité.

Hypothèses de départ : Nous avons des hivers de plus en plus doux, en conséquence : 1) Les colonies s’affaiblissent car les abeilles sortent trop, s’épuisent, se refroidissent, et meurent en grand nombre loin de la ruche (1er facteur) au lieu de rester bien au chaud sans sortir ou presque comme elles le faisaient pendant les hivers rigoureux d’il y a 40 ans, ce qui leur assurait une longévité de 6 mois. 2) Les ruches ont actuellement de la ponte tout l’hiver ou presque et donc le varroa, le pire parasite de l’abeille, prolifère au lieu de régresser et peut entrainer la mort des colonies, du moins les affaiblir.

Principe de l’expérimentation :  Essayer de recréer artificiellement pendant au moins 70 jours, des conditions hivernales rigoureuses, pour voir si cela aurait une incidence sur le taux de survie des colonies d’abeilles pendant l’hiver, une incidence sur le taux d’infestation par le varroa, une incidence sur la vitalité des abeilles et en finale sur la récolte de miel.

Phase test sur 4 ruches mise en cave pendant 70 jours 2020/21 :

Bilan très positif : aucune mortalité, ni nosémose ni diarrhée, maintien des populations, une faible consommation des réserves, très bon redémarrage des colonies, récolte de 60 kg de miel par ruche (en sédentaire). Voir la vidéo : Bilan chiffré des ruches tests de l’expérimentation des ruches en caves le 10-04-2021 au 73ème jour de sortie  Par rapport au varroa : pas de ponte pendant la mise en cave, >> régression importante de la population des varroas, Retrait du premier cadre de couvain sur lequel les varroas s’étaient précipités pour pondre + suppression du couvain de mâles (faux-bourdons) de mars à début juillet >> taux d’infestation entre 1 à 3 % de varroas dans le couvain fin aout . Voir la vidéo : Suivi du varroa sur les 4 ruches test de l’expérimentation sans aucun traitement chimique 

Les données de l’expérimentation à l’échelle nationale 2021-22 : reportage FR3 aout 2021. voir en détail sur la vidéo : Bilan final de l’expérimentation sur l’hivernage des ruches -Conférence SAO du 8 sept 2022

Pour participer à cette expérimentation 3 types d’hivernage artificiel étaient proposées : 1)Mise en cave (C). 2)Retournement des ruches vers le nord, l’entrée occultée et protégée du soleil (EN). 3)Mise en rucher sur un versant nord à l’abri du soleil (N), ruches occultées. Voir en détails plus loin.

Le suivi des ruches devait si possible être fait avec la méthode ColEval et le suivi du varroa par prélèvement de couvain.

Durée : d’octobre 2021 à septembre 2022. Participants : 30 apiculteurs, Altitude des ruchers : de 2 à 1000m. Répartition des ruchers : 23 départements différents. Durée de la mise en hivernage artificiel : de 46 jours à 150 jours Échantillon : –hormis les ruches mortes de trop de varroas(77) ou d’un problème de reine (17)- 523 ruches au total : 280 témoins et 243 ruches essais : 30 ruches en Cave // 158 ruches Entrée au Nord // 55 ruches en rucher au Nord

Conclusions sur les résultats à la mi-avril 2022:

Si l’on regarde le taux de mortalité global (hors varroas et perte de la reine) des ruches témoins versus les ruches « essais », il y a eu environ 10 fois plus de ruches mortes chez les témoins (7% de mortalité = 20 sur 280) que parmi les ruches en hivernage artificiel (0.8% de mortalité = 2 sur 243). Pourtant, l’hiver ayant été plus rigoureux que les années précédentes nous ne nous attendions pas à un résultat aussi encourageant. De plus, les quelques résultats chiffrés précis que nous avons eus et les observations faites par les apiculteurs, satisfaits pour une grande majorité du mode d’hivernage qu’ils avaient choisi, vont dans le même sens.

Conclusions sur les résultats début septembre 2022 : Pour le moment j’ai eu les retours de 26 apiculteurs (sur 30) pour 219 ruches essais (sur 243)

Depuis avril : 18 ruches sont mortes (10 orphelines, 2 mortes de froid, 6 tuées par des pesticides), 136 ont été divisés, 14 ont essaimé spontanément, 51 ont été amenées à la récolte dont 30 avec témoins.

Sur ces 30 ruches : 28 ruches (17 N + 11 EN, 4 apiculteurs) ont eu une meilleure récolte (de 30 à 50% en plus) par rapport aux témoins (50 ruches). Par ailleurs, 2 apiculteurs ont estimé ne pas avoir fait de récolte plus importante sur les ruches essais (2 ruches EN) que sur les témoins.

Pas de témoins pour les 20 autres ruches sur lesquelles il a été fait une récolte mais la majorité des expérimentateurs étaient content de leur récolte par rapport aux années précédentes, malgré les problèmes de disettes dues à la sècheresse.

Conclusions sur le varroa:

Les chiffres de l’expérimentation sur la mortalité due au varroa sont à peu près similaires à ceux que l’on peut trouver sur des études faites à grande échelle. Les traitements contre le varroa engendrent assez rapidement des phénomènes de résistance aux molécules utilisées surtout si on utilise tous les ans le(s) même(s) produit(s). Même si on utilise 2 molécules différentes par an et ce pendant plusieurs années, on voit que cela peut entrainer aussi des souches de varroas résistantes.  Il est donc impératif de varier le plus souvent possible de traitement. L’idéal est aussi de pratiquer des méthodes biotechniques comme la suppression ou/et la destruction de couvain de mâles et la suppression du premier cadre de couvain d’ouvrière après une longue période d’absence de ponte de la reine. Méthodes que j’avais préconisées dans le protocole. Mais il y en a d’autres comme l’encagement de la reine, le chauffage à 42°, pour ne nommer que celles-ci, qui ont déjà fait leurs preuves.

Conclusion finale :

Les résultats que nous avons eu et les observations des expérimentateurs semblent donc confirmer ce que j’avais constaté sur les 4 ruches tests l’année précédente. Sur notre échantillon, l’hivernage artificiel (C, EN, N) semble avoir eu des répercussions positives :  

                Sur la survie hivernale des colonies : environ 10 fois plus de ruches mortes chez les témoins que parmi les ruches essais malgré un hiver rigoureux.

                Sur la vitalité des colonies qui semblent perdurer jusqu’à la récolte : environ 20 à 50% de récolte de miel en plus pour les ruches essais par rapport aux témoins.

Mais cette étude n’a pas permis de démontrer définitivement, chiffre à l’appui que l’hivernage artificiel est bénéfique au niveau de la lutte contre le varroa. Cependant la majorité des expérimentateurs pensent que c’est le cas en fonction de leurs propres observations.

                Une très grande majorité des apiculteurs-expérimentateurs sont convaincus de l’intérêt de l’hivernage artificiel et tous recommenceront l’année prochaine.

Nouvelle vidéo :

Récupération d’un essaim d’abeilles ayant bâti et mesure de son taux de varroas.  Le Varroa est-il vraiment un problème pour les abeilles sauvages ?

Pourquoi recréer des conditions hivernales plus rigoureuses ? : 

Le taux de mortalité des colonies est catastrophique pour de nombreux apiculteurs. Pour moi, le réchauffement climatique est un facteur important. Du fait d’hivers trop doux, les ruches ont actuellement de la ponte durant l’hiver et donc le varroa prolifère (1er facteur) mettant les colonies en danger et obligeant les apiculteurs à traiter sans arrêt ou presque. De plus les abeilles sortent trop, s’épuisent, se refroidissent, et meurent en grand nombre (2ème facteur) au lieu de rester bien au chaud sans sortir ou presque, comme elles le faisaient pendant les hivers rigoureux d’il y a quarante ans, ce qui leur assurait une longévité de 6 mois. C’est 2 facteurs conjugués sont, pour moi, des acteurs importants qui expliquent en partie cette mortalité. En 2019, mes 3 ruches sont mortes de froid en février, incapables de se réchauffer car trop dépeuplées ! Détails sur la page > « Pourquoi hiverner des ruches en cave »

Les trois méthodes de mises en hivernage artificiel :

1/ Mettre des ruches dans l’obscurité en « cave » pendant au moins 70 jours. Les colonies seront à sortir, près de la « cave », au moins une fois, pendant une journée, pour leur faire prendre l’air et faire leurs petits besoins. Mise en place et suivi d’une ruche en cave.

Définition d’une  « cave » : Pièce au nord, de plain-pied, au calme (pas de bruit violent), non chauffée, rendu hermétique à la lumière, légèrement ventilée, d’une température inférieure à 10° en moyenne sur 24 h. Bien sûr une vraie cave pourra aussi faire l’affaire.

2/ Mettre des ruches dans un rucher sur un versant sud mais à l’abri du soleil et l’entrée tournée vers le nord et occultée. Mise en place et suivi d’une ruche Entrée au Nord ; Si vous n’avez pas de cave : Mettez vos ruches avec l’entrée tournée vers le nord !

3/ Mettre des ruches dans un rucher sur un versant nord qui ne reçoit pas le soleil avec l’entrée occultée.

Voir en détail sur la page protocole.

Tout apiculteur(trice) peut essayer ces modes d’hivernage, quelle que soit la manière dont il pratique ce métier et/ou passion : bio, conventionnel, raisonné, traitant ou pas, et quel que soit le type de ruche qu’il utilise ou race d’abeille qu’il affectionne.

Bilan détaillé en vidéos de la phase test, d’octobre 2020 à octobre 2021, sur les 4 ruches mis en cave pendant 70 jours :

reportage FR3 aout 2021

Visite à la 5éme sortie : au 61ème jour de la mise en cave

Bilan chiffré des 4 ruches tests de l’expérimentation des ruches en cave au 73ème jour de sortie le 10-04-2021

Suivi du varroa sur les 4 ruches test de l’expérimentation sans traitement chimique 2020-21

Bilan fin aout 2021 sur les 4 ruches tests et protocole 2021-22 :  

Pour plus de détails voir la conférence du 15 septembre 2021 organisé par le GDSA 65 ( sauter les 7 premières minutes)

Vidéos techniques: Vidéo sur l’évaluation d’une ruche avec hausse par la méthode ColEvalInstallation d’un nourrisseur arrière type abreuvoir à oiseaux. ; Estimation du taux d’infestation du varroa par prélèvement de couvain . ; peser une ruche au pèse bagage , Mise en place et suivi d’une ruche Entrée au Nord ; Mise en place et suivi d’une ruche en cave Comparatif entre l’hivernage des ruches au Canada et celui que nous proposons.

Olds Vidéos médias: Interview sur Europe 1 du 17-08-2021 dans la matinale   Nouvel article sur FR3 : parut sur FR3 Web le 12-08-2021Article sur la dépêche du midi du 03-03-2021 Reportage de M6 du 03-02-2021Article du Syndicat d’apiculture d’Occitanie 02-2021 ; Le reportage de FR3 du 18 décembre 2020 ;

REMERCIEMENTS : Nous remercions les personnes suivantes pour leurs conseils, remarques et critiques qui nous ont permis d’affiner et finaliser le protocole : Jean Riondet : auteur d’ouvrages apicoles. -Gérard Schiro, apiculteur professionnel à Tarbes et président du GDSA 65. Paul Fert, apiculteur professionnel auteur d’ouvrages apicoles. – François Maureau, apiculteur et président de la société régionale d’apiculture des bouches du Rhone – Olivier Fernandez : Président du Syndicat Apicole Occitanie et apiculteur – Julien Pinel, technicien apicole qui m’a initié à la technique ColEval d’évaluation des colonies et pour finir Daniel Lulic le premier apiculteur à avoir intégré l’expérimentation ! Merci aussi à tous les apiculteurs avec qui j’ai échangé par téléphone ou par mail qui ont eu chacun leur grain de sel à apporter.

Surtout un grand merci à Tanguy, Mouna, Adrian et Eric qui m’ont aidé à mettre en place cette expérimentation, voir la page « Concepteurs« .

Merci de faire passer ce message !!!  Mailing, Facebook, twitter, forums, blogs, médias, etc .

Si vous voulez essayer sur vos ruches n’hésitez pas à me contacter pour en parler, à bientôt !

Xavier Dumont
lerucherdecantegril@orange.fr
05 61 87 70 14 / 06 25 84 96 02
Lieu-dit Cantegril 31310 Latrape

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Nouvelle vidéo : Bilan fin aout 2021 sur les 4 ruches tests et protocole 2021-22 

Bilan sur les 4 ruches tests à la fin aout 2021, malgré plus d’un mois et demi de temps exécrable, j’ai récolté 50kg/ruche n°1, 70 kg/ruche N° 2 et 64kg/ruche n° 3 et s’il avait fait beau au printemps j’aurai  peut-être fait 80 kgs par ruche ! la ruche n° 5 a essaimé tardivement par 2 fois, et n’a pas eu de ponte pendant plus d’un mois, elle ne fera en conséquence pas de miel cette année.

Préparer toutes vos ruches à l’hivernage en septembre/octobre :

Il faut qu’elles aient suffisamment d’abeilles nées à l’automne (c’est fondamental) et assez de réserves de miel pour hiverner :

Si la ruche est forte il faut vérifier que la reine a de la place pour pondre les abeilles qui vont passer l’hiver : si le corps est trop plein de miel et qu’il n’y a pas de place pour pondre, n’hésitez pas à enlever 1 à 2 cadres de miel du corps et les extraire (ou les donner à des ruches plus faibles en réserve de miel) et de les remplacer par des cadres vides, si possible bâtis, en bordure de couvain et à pousser à la ponte pendant plusieurs jours avec du sirop 50/50 (avec un peu de pollen rajouté si les abeilles n’en rentrent plus).  S’il y a déjà beaucoup de couvain jeune non operculé (2 ou 3 cadres) et encore de la place pour pondre ce n’est pas nécessaire.


 Si la colonie est moyenne ou faible avec peu de couvain n’hésitez pas non plus à la pousser à la ponte pour avoir avant l’hivernage 1 à 2 cadres de couvain fraichement pondu.
 
Juste avant l’hivernage les réserves de miel doivent être de  à réajuster en fonction de vos conditions météo à vous)
Pour une colonie de plus de 10000 abeilles ( abeilles adultes + abeilles à naitre !)  compter 15 à 20 kg
Pour une colonie de 5000 à 10000 abeilles compter 10 à 15 kg
Pour moins de 5000 abeilles compter 5 à 10 kg

Nb: un cadre Dadant de corps plein contient environ 3.5 kg  de miel.

Nb : plus une colonie est grosse, moins elle consomme de miel par abeille quand elle est en léthargie ! La déperdition de chaleur d’une grappe se fait à sa surface donc plus la grappe est grosse moins la surface en rapport à l’extérieur est importante en proportion de la quantité d’abeilles!

Selon la force de la colonie il ne faut pas hésiter à réduire l’espace occupé quitte à mettre la colonie en ruchette si l’essaim est très petit (- de 1500 abeilles) . Ne laisser pas de cadres vides entre le couvain et les cadres de miel.

Nouvel article : parut sur FR3 Web le 12-08-2021

Nouvel interview sur Europe 1 du 17-08-2021 dans la matinale  

Bilan chiffré des ruches tests de l’expérimentation des ruches en caves au 73ème jour de sortie le 10-04-2021

Cette vidéo présente le bilan chiffré intermédiaire des ruches tests de l’expérimentation sur l’hivernage des ruches en cave.

Comme vous allez le voir les 4 colonies sont ressorties populeuses. Les abeilles, restées en léthargie, étaient très vigoureuses et les colonies ont redémarré sur les chapeaux de roues ! De plus le taux de varroas est faible !

Critères d’observation pendant la mise en cave

             Prise de la température en cave et en extérieur  à 7h et à 14h

            Pesée régulière des ruches avec un « pèse bagage »

            Comptage des abeilles mortes à chaque sortie par changement de plateau

            Comptage de la chute naturelle du varroa sur le sous plateau tous les 10 jours

Critères d’observation utilisés après la sortie définitive

            Comptage de la chute naturelle du varroa tous les 10 jours

            Comptage des cellules de couvain (mâles et/ou ouvrière) infestées par le varroa

            Evaluation des colonies à chaque visite par la méthode ColEval

            Mesure de la quantité de miel récolté (hausses) : pesée directe (pèse bagage)

Conclusions :

                 Le bilan est très positif : grâce à la mise en cave , où les abeilles en léthargie  étaient préservées, l’absence de ponte pendant 60 jours et le retrait du premier cadre de couvain, il y a eu survie des 4 colonies, maintien des populations, une consommation des réserves raisonnable, un retour à un taux d’infestation de varroa acceptable et qui reste relativement stable, et un très bon redémarrage des colonies. 

            Maintenant il serait bien de confirmer ses résultats probants à plus grande échelle, c’est pourquoi nous espérons qu’il y aura des apiculteurs pour entrer dans l’expérimentation qui débutera à la mi-novembre 2021.  Voir le site : lerucherdecantegril.wordpress.com

         Si vous êtes intéressé n’hésitez pas à me contacter :

                                lerucherdecantegril@orange.fr

                                                                                                               Xavier Dumont