Journal d’hivernage

Journal de l’hivernage des 4 ruches tests au 11-02-2021

Mon but a été de recréer artificiellement des conditions hivernales, ressemblant à celles qu’avaient les abeilles il y a 40 ans, pour voir si cela augmenterait les chances de survie des colonies en évitant leur dépeuplement pendant l’hiver et aurait une incidence positive sur le taux d’infestation par le varroa. Voir page « Pourquoi hiverner des ruches en cave »

Pour cela je les ai gardées en « cave » du vendredi 20 novembre 2020 au jeudi 28 janvier 2021, jour de leur sortie définitive. Je les ai donc confinées pendant 70 jours. J’ai vérifié leur état en sortant les ruches à proximité de la « cave », pour leur faire prendre l’air et faire leurs besoins, au 7ème, 19ème, 27ème, 40ème et 61ème jour, les remettant en cave le soir même à chaque fois, avec des intervalles entre deux sorties qui ont varié de 6 à 21 jours selon la météo.

La « cave » que j’ai utilisée est en fait un garage de pleins pieds, avec des murs épais, légèrement ventilé, situé du côté nord de ma maison, les abeilles y ont séjourné dans le noir complet et l’entrée ouverte, sauf la première semaine. La température a varié de 3° à 12° ce qui a protégé les colonies des grands froids et aussi des chaleurs anormales que nous avons en hiver actuellement. Je leur avais mis de l’eau à volonté à disposition grâce à un petit nourrisseur de 200 ml, de type abreuvoir de cage à oiseaux, placé à l’arrière de la ruche pour éviter la déshydratation.

Pour faire le suivi des colonies, en plus d’observer leur comportement, je les ai pesées régulièrement pour voir leur consommation de miel, j’ai fait un comptage de la chute naturelle des varroas pour estimer l’évolution du taux d’infestation de ce parasite, mesurer la température journalière à 7h et à 14h de la cave et de l’extérieur, et j’ai fait une visite du corps de ruche quand cela a été possible pour vérifier, entre autres, s’il y avait du couvain. 

Pour lutter contre le varroa, je n’ai pas fait de traitement, préférant la méthode de l’arrêt de la ponte par la mise en « cave » pour enrayer sa prolifération. De plus, au 9éme jour après la sortie définitive, j’ai supprimé le premier cadre de couvain d’abeilles, sur lequel les derniers varroas phorétiques s’étaient précipités de pondre, du moins je l’espère, pour essayer d’éliminer des colonies d’abeilles les dernières larves de ce parasite.  Voir cet article : http://www.eap.mcgill.ca/agrobio/ab370-08.htm

L’expérience a été faite sur 4 colonies (tout mon rucher) en ruches Dadant. Je les ai traitées au Thymovar 2 fois à 3 semaines d’intervalle (sauf la ruchette) en septembre. Le premier traitement ayant été fait le jour de la visite d’automne du 12/09/2020.

N°1) Essaim acheté sur 4 cadres en mai 2020, Reine Buck fast d’aspect « Italienne ». Visite du 12-09-2020 : essaim sur 10 cadres/ population : forte / 4 ½ cadres de couvain avec œufs du jour / 6 cadres de miel au total / comptage varroas le surlendemain : une dizaine. Nourriture solide 2kg donnés juste avant la mise en cave.

N°2) Essaim nu très tardif du 4 septembre 2020, reine d’âge indéterminé de type « Italienne ». Visite du 12-09-2020 :  essaim sur 5 cadres / population : faible / 1,5 cadres de couvain avec œufs du jour/ 2 cadres de miel / rajout d’un cadre de miel pris à la ruche 5. Non traité au thymovar/non compté.  Nourriture solide pain de 1 kg 2 fois jusqu’à la mise en cave.

N°3) Essaim nu du 08-07-2020, abeilles majoritairement noires et trapues de type « Abeilles noires du pays » avec une belle reine noire et longue. Visite du 12-09-2020 : Essaim sur 10 cadres / population : forte / 2 cadres de couvain avec œufs du jour et 6 cadres de miel. Mis 2kg de nourriture solide juste avant la mise en cave. / comptage varroas le surlendemain : pas un !?

N°5) Essaim nu secondaire du 30-04-2020 avec reine vierge type italienne.   Visite du 12-09-2020 :  Essaim sur 10 cadres / Population : très forte /2,5 cadres de couvain avec œufs du jour/ 7 cadres de miel +++ / 10 cadres > non nourri, pris un cadre de miel pour ruche2 / comptage varroas le surlendemain : pas un !?

J’ai donc dans mes colonies tests, trois « races » apparente d’abeilles : la ruche n° 1 qui contient des Buck fast, d’aspect type « Italienne », lignée stable issue des croisements de plusieurs races d’abeilles, la ruche n° 3 d’aspect type « Abeilles noires du pays » et les ruches n°2 et 5 qui sont aussi d’aspect type « Italienne ». A part la Buck fast dont la lignée génétique est en principe bien contrôlée, les autres ont un phénotype marqué mais ne sont certainement pas des lignées pures puisque se sont à l’origine des essaims nus dont je ne connais pas la provenance. Il y a donc 2 phénotypes (apparence extérieure) différents dans mon rucher : « Italiennes » (anneaux orangés très marqués) et « Noires » (pas d’anneaux orangés) mais aussi des abeilles d’aspect mitigées présentant un « dégradé » de Noire à vraiment Italiennes.

Journal d’hivernage des ruches tests au jour le jour.

Mise en cave des ruches le jeudi 19 novembre au soir.

Du premier au 6ème jour

Comme je n’avais pas encore placé les abreuvoirs oiseaux, j’ai aspergé l’entrée avec un brumisateur. J’ai gardé les ruches fermées dans une obscurité relative pendant 5 jours. J’ai fait ce choix pour voir si cela poserait des problèmes aux abeilles, faisant l’hypothèse que leur garder un repère circadien serait peut-être une bonne chose et aussi je dois l’avouer parce que j’avais la flemme de tout calfeutrer. Cela m’a pris 3 heures pour le faire quand j’ai conclu que c’était indispensable.

Elles ont été très tranquilles pendant 2 jours : abeilles très calmes, peu de bruissement et encore moins la nuit. Le troisième jour il y avait grand soleil et un rayon important éclairait un peu plus les ruches. Du coup le bruissement était bien plus prononcé, les abeilles étant certainement plus excitées. J’ai mis du carton pour que le soleil ne passe plus à cet endroit. Mais les jours suivant les abeilles devinrent beaucoup plus bruyantes, cela ne s’arrêtait plus, même la nuit, et c’était crescendo. Elles semblaient de plus en plus stressées, surtout la ruche la plus forte. C’est pourquoi j’ai sorti les ruches (près de la cave) le 6ème jour, 4 jours avant la date prévue, pour voir ce qu’il en était et ne pas mettre leur vie en danger.

Bilan au 7ème jour, à la première sortie le 26-11-2020 : L’intervalle depuis la mise en cave est de 6 jours. Il faisait beau et la température est montée à 21°.  J’ai sorti les ruches en les plaçant à la limite extérieure du hangar qui est tout près du garage pour ne pas avoir à les déplacer trop près.

1)Une bonne partie des abeilles (les plus âgées je suppose), n’ont pas perdu la mémoire de leur emplacement d’avant le confinement et sont repartie au rucher qui est à 300m de la maison. Il y en avait dans tout le rucher et non pas sur un seul emplacement. On constate donc que la mémoire de géolocalisation était bien ancrée (au moins 6 jours) par la durée du séjour prolongé sur un emplacement dans le rucher et cela pour les deux types d’abeilles (noires et italiennes), en tous les cas pour les plus âgées. Ce qui m’a étonné. En effet dans la littérature, j’avais lu que trois jours suffisaient pour leur faire perdre leurs repères. J’ai dû rapidement refermer les ruches pour les ramener au rucher afin de ne pas perdre d’abeilles. J’ai laissé la ruchette sur place (en parfumant sa planche d’envol pour qu’il n’y ait pas de bagarre) pour récupérer les abeilles (les plus jeunes j’imagine) des autres ruches qui n’étaient pas retournées au rucher. Quand la reine ne pond pas elle sécrète moins de phéromones, c’est aussi pourquoi les abeilles ne se battent pas car elles ont moins d’odeur personnifiant une colonie. Cela a bien marché.  NB :  Les trois ruches que j’ai ramené au rucher n’ont pas pu mémoriser l’emplacement du hangar à la première sortie.  Conclusion : il faut mettre en cave de préférence des ruches provenant d’un rucher situé à plus de 3 kilomètres à vol d’oiseau pour ne pas perdre d’abeilles.

2)Les abeilles sont sorties nombreuses pendant les heures les plus chaudes (21° au maximum) comme on pouvait l’imaginer.

3) Nombre d’abeilles mortes par ruches (sauf sur la plus forte) : 50 à 150 environ, ce qui ne paraît pas anormal sur 6 jours a priori. Cependant, la plus forte avait environ un millier d’abeilles mortes à l’intérieur de la ruche que les nettoyeuses avaient consciencieusement réuni dans un angle de la ruche. J’en ai été très attristé, m’en voulant de ne pas avoir réagi plus tôt. Je pensais qu’elles étaient stressées, certes, mais je n’imaginais pas qu’il y avait autant de mortes. De plus à l’ouverture de cette ruche il y a eu une ruée vers l’extérieur qui démontrait bien le stress qu’elles ont eu, mais moins pour les 3 autres. J’ai remis toutes les ruches le soir même en cave mais sans fermer l’entrée ce coup-ci et j’ai colmaté toutes « les fuites » de lumière que j’avais dans mon vieux garage, afin que les abeilles soient dans le noir le plus complet possible. Le soir même les abeilles étaient déjà très calmes. Conclusion : il faut que les abeilles soient dans le noir le plus complet possible et laisser les entrées ouvertes, sous peine de risquer de les stresser et avoir de la mortalité anormale, surtout sur les colonies les plus fortes.

4) Recherche du varroa sur les abeilles mortes ou mourantes :  j’ai regardé minutieusement 200 abeilles à la loupe et plus rapidement les autres et je n’ai vu qu’un seul varroa. Ce n’est pas étonnant car mes colonies sont toutes de l’année. Conclusion : ce ne sera pas utile de faire le comptage des varroas phorétiques car la probabilité d’en trouver est quasiment nulle.

5) Afin de pouvoir mettre en place les abreuvoirs cages oiseaux, j’ai dû transvaser très rapidement les ruches et j’ai donc pu les visiter. Les ruches 1 et 5 et la ruchette 2 (toutes de type « Italienne » avaient encore environ 1 à 1.5 cadres de couvain operculés. J’avais poussé à la ponte la ruchette en lui donnant du sirop et du pollen réhydraté légèrement (L’essaim était du 4 septembre !) Je n’ai pas regardé s’il y avait des œufs du jour pour aller vite et ne pas refroidir le couvain. La ruche n°3 de type « Abeilles noires du pays », qui n’avait plus de couvain operculé, n’en n’avait que 2 cadres au 15 septembre, les autres entre 3 et 4 à la même date. Il y a fort à parier qu’à partir du 22ème jour de confinement, il n’y ait plus de couvain du tout ou presque puisque les abeilles sont dans le noir et à moins de 10° ! Sauf la ruchette, les colonies sont encore très populeuses avec des abeilles jeunes, les abeilles couvrant à la visite de 7 à 8 cadres ! Donc je ne me fais pas de soucis, si la mortalité journalière n’augmente pas outre mesure, elles pourront repartir sur de bonnes bases.

6) Comptage des varroas sur le sous-plateau :mes colonies ont un taux d’infestation de moins de 1 varroa par jour, sauf celui que j’ai acheté sur cadres avec la reine Buck Fast :1,8 varroa par jour. C’est normalement un taux qui pourrait prédire que la ruche est condamnée. Nous verrons si j’arrive à la sauver avec cette méthode justement.

7) Les abeilles dans la cave continuent encore à monter dans le nourrisseur pour chercher le candi. Sur les sous-plateaux on trouve aussi des fragments d’abeilles mortes et aussi de la cire de bouchon d’alvéoles qui prouvent que les abeilles se nourrissent du miel de réserve. Les corps de ces abeilles sont déchiquetés, leurs thorax et leurs abdomens sont vidés de leur substance. Il y a des chances que ce soient des araignées qui se repaissent de cette manne… J’ai constaté cela dans 2 ruches sur trois et chacune avait environ une dizaine d’abeilles déchiquetées, sur 10 jours en moyenne… Ce qui n’est pas bien grave, et je ne sais pas comment supprimer ces araignées, si c’est vraiment de cela que ces abeilles sont mortes.

Conclusion : tout ce qui précède permet de confirmer l’hypothèse, que mettre les ruches en cave pendant deux mois serait peut-être un moyen assez facile à mettre en œuvre, pour lutter aussi contre la prolifération du varroa. Exactement comme il est préconisé de le faire en aout par isolement de la reine pour diminuer le couvain ! Un intérêt de plus, et pas des moindres, pour faire l’essai de mettre les ruches en cave ! Voir la page« Pourquoi hiverner des ruches en cave ?» pour plus de détails sur l’argumentation. Cela sert à quoi d’avoir des colonies surpuissantes en mars si elles sont pleines de varroas, pour les barder ensuite de traitements, qui ne sont pas anodins, à n’en plus finir, toute l’année ?

Bilan du 8ème jour au 18 ème jour

Les abeilles boivent peu. La plus populeuse buvait au début 12 ml par jour environ. Mais avec les températures plus basses les abeilles ne boivent pratiquement plus.  En 10 jours aucune abeille morte n’a été sorti des ruches dans la cave.

Si les 2 ou 3 premiers jours, pendant la journée, on pouvait entendre un peu de bruissement. Maintenant c’est pratiquement inaudible. Il règne un calme olympien dans la cave, comme dans le rucher au plus froid de l’hiver, où les abeilles ne pensent qu’à une chose : tenir au chaud le couvain et la grappe en attendant des jours meilleurs. Cependant, de temps en temps, quand la température de la cave dépasse les 10°, on entend quelques bzz bzz, certainement dû aux plus hardies, qui aimeraient bien comprendre où est passé le soleil. Depuis 10 jours que j’ai remis les ruches en cave, sans en fermer l’entrée, je pense qu’elles sont entrées progressivement en léthargie comme pendant un hiver rigoureux (elles ne sont donc absolument pas en souffrance). Je ne les entends maintenant pratiquement plus. Pour me rassurer, je mets l’oreille contre la paroi de temps en temps, et je tape d’un coup sec. Elles sont bien vivantes !

Comme il n’y a pas de signes de stress, je les laisserais en cave pendant 12 jours au total avant de les ressortir. J’essayerai de sortir une ruche près de la cave pour voir si les abeilles retournent encore au rucher ou si elles ont enfin oublié leur ancien emplacement. Si c’est le cas je sortirai alors les trois autres près de leur lieu d’hivernage. Sinon, je les ramènerai au rucher une nouvelle fois… Je mettrai un bout de faux gazon devant chaque ruche, pour voir combien d’abeilles mortes seront sorties quand elles vont faire le ménage. Les abeilles maintenant en léthargie ne boivent pratiquement plus. Plus il fait froid, moins il y a d’abeilles pour sortir et essayer de comprendre ce qui se passe.

Dimanche 5 décembre. Comme il faisait beau, je me suis baladé sur mon terrain. Sur les fleurs des néfliers du japon en fin de floraison, j’ai vu des abeilles « sauvages », des bourdons, 2 frelons asiatiques, mais aucune abeille « domestique » … J’en conclus qu’à part mes abeilles, il n’y a pas d’autres colonies dans le coin. Donc, si je veux avoir beaucoup de fruits dans mon verger je suis obligé d’avoir des abeilles. Au moins cela aura servi à me rendre compte de cela de les confiner en cave… Le lendemain je relevais les cartons : aucune abeille morte n’avait été sorti sur aucune ruche. J’appréhendais de voir si le lendemain sur les plateaux, il n’y allait pas y avoir trop d’abeilles mortes…

Bilan au 19ème jour, à la deuxième sortie, le 08/12/2020 : L’intervalle depuis la dernière sortie est de 12 jours.  Il ne faisait pas très beau et la température n’a pas dépassé les 11°. 

L’intervalle depuis la dernière sortie est de 12 jours.  Il ne faisait pas très beau et la température n’a pas dépassé les 11°. 

J’ai sorti les ruches à partir de 13h. Je ne les ai pas sorties plus tôt car il pleuvait. La ruchette a été la première à revoir le jour au même emplacement que la fois précédente : sous le hangar. Je voulais vérifier avant de sortir les 3 autres que les abeilles avaient bien perdu définitivement leurs repères de l’emplacement du rucher pour la ruchette. Pour cela, j’ai placé au milieu du rucher une ruchette vide et fermée. Au bout d’une demi-heure, aucune abeille n’était revenue au rucher ce qui était attendu. J’ai sorti ensuite les autres ruches sous le hangar aussi. Au bout d’une demi-heure de plus, aucune abeille n’était revenue au rucher non plus.Mais comme il a fait frais (11°) peu d’abeilles sont sortie ce jour-là ; Il est donc possible que si aucune abeille n’est revenue au rucher c’est tout simplement parce que beaucoup ne sont pas sorties. De plus je ne suis pas retourné au rucher ensuite de toute la journée donc je ne suis pas certain qu’il n’y en ait absolument aucune qui soit revenu au rucher.

Les abeilles sont sorties tranquillement de leurs ruches, sauf une dizaine environ par ruche qui semblaient trépigner derrière la fermeture, que j’avais remise pour pouvoir les déplacer sans risque.  Elles se sont envolées en faisant des cercles de plus en plus grands sans aller bien loin, elles se posaient près des ruches pour faire leurs besoins en choisissant des endroits bien au soleil pour ne pas se refroidir. J‘avais oublié bêtement d’ouvrir l’entrée de la ruchette depuis la sortie précédente. Elle est donc restée fermée 12 jours d’affilée dans le noir. Mais les abeilles ne bruissaient pas du tout et je ne me suis aperçu de mon oubli qu’en sortant leur petite maison. Il y avait cependant une dizaine d’abeilles mortes juste derrière la grille d’entrée. Les abeilles n’en ont pas sorti d’autres de toute la courte après-midi. Sur cette ruchette(n°2) je n’ai pas de quoi faire le comptage des varroas. Conclusion : pour les colonies les moins populeuses on pourrait peut-être les tenir fermées dans le noir pendant 12 jours sans que cela ne pose de problèmes.  Mais cela n’a aucun intérêt…

Pour les autres ruches il n’y avait pas beaucoup plus d’abeilles mortes au total (devant la ruche et sur le plateau), alors qu’elles sont toutes bien plus fortes que l’essaim : 11 pour la n°1, 16 pour la n°3 et 14 pour la n°5. J’ai vérifié en changeant les plateaux très rapidement le nombre d’abeilles mortes par ruche, à l’intérieur de celle-ci. Cela dit, il y en a certainement, parmi celles qui prennent leur envol, quelques-unes qui s’engourdissent et qui meurent. Je n’en ai trouvé que très peu, une dizaine, à proximité des ruches. On ne peut pas réellement les compter mais si les ruches étaient restées au rucher ce serait tous les jours qu’il y en a qui disparaîtraient. Conclusion, sur 12 jours, les colonies ont perdu, par mort naturelle, moins de 2 abeilles par jour en moyenne ! Si cela continuait à ce rythme elles n’auront perdu au bout de 2 mois de confinement, dans le noir et ouvertes, que de 1 à 5 centaines d’abeilles maximum, ce qui serait insignifiant et presque trop beau ! Mais n’allons pas trop vite, attendons que cela se confirme (ou pas) aux prochaines sorties.

La première semaine avec une moyenne de 16 abeilles mortes par jour (100/7j) :  je pensais que c’était normal, mais après, comme la moyenne à chuter à entre 1 à 2 par jour, j’ai compris qu’il y avait eu une surmortalité la première semaine due au stress consécutif à avoir fermé les entrées, même sur les ruches qui ne paraissaient pas spécialement traumatisées.

Il y avait un peu de soleil, mais il ne faisait que 11°, du coup, il n’y a pas eu autant d’abeilles que la dernière fois, parties faire un tour. Par contre, j’avais placé volontairement une ruche orientée de telle manière que l’entrée ne soit pas éclairée par le soleil. Du coup les abeilles ne sortaient absolument pas. Au bout de trois quarts d’heure je leur ai fait faire une rotation de 90° pour que l’entrée soit inondée par les rayons de notre étoile. Au bout de 2 à 3 minutes, les abeilles ont commencé à sortir et au bout d’une demi-heure de plus il y en avait autant dehors que pour les autres. Conclusion : il faut sortir les abeilles par une journée ensoleillée et mettre les entrées des ruches vers le sud et au soleil pour les inciter à sortir faire leurs besoins surtout s’il fait froid.

Comptage des varroas : aucun varroa trouvé sur les abeilles mortes ce jour-là non plus. Sur les sous-plateaux : 0.8/j pour le n°1 (1.7/j à la première sortie) 0.3/j pour le n°3 (0,4/j à la première sortie) et 2.4/j pour le n°5 !!!  (0.8/j à la première sortie) ce qui fait vraiment beaucoup. J’imagine que c’est parce que c’était cette ruche qui avait le plus de couvain avant le confinement : les varroas ne trouvant plus de couvain frais à infester tombent peut-être en plus grand nombre.  À suivre attentivement.

Au soir de la 2ème sortie les ruches étaient de nouveau en cave et d’un calme olympien.

La ruche 3 (abeilles noires) n’avait plus de couvain à la première sortie 7 jour après l’entrée en cave . En conséquence j’ai constaté qu’il y avait beaucoup moins de varroas tombés naturellement que pour les autres ruches et que le taux n’a fait que décroitre puis se stabiliser à environ 1 varroa tombé pendant 10 jours. Pour les autres ruches le taux est monté dans un premier temps pour redescendre ensuite.  

Observations sur la mémoire des abeilles à la 2ème sortie : comme il faisait froid peu d’abeilles sont sorties ce jour-là. La grande majorité des abeilles des trois ruches n’a donc pas pu, de nouveau, garder la mémoire de cet emplacement (sous le hangar), à ce moment-là.

Bilan du 20ème jour au 26ème jour :

Les abeilles sont (re)rentrées en léthargie le soir même. Elles font tellement peu de bruit que je n’arrive pas à m’empêcher de temps en temps de frapper d’un petit coup sec le côté de la ruche pour me rassurer. Dans mon garage, la température change peu mais elle est descendue jusqu’à 5°, quand il a fait très froid quelques jours de suite, pour remonter jusqu’à 12° à 15h pour la journée la plus chaude que j’ai enregistrée. L’amplitude maximale journalière que j’ai relevée dans la cave a été de 5° alors que pour l’extérieur, le même jour, il y a eu 30° de différence, de -5° le matin jusqu’à 25 à 15h !

Bilan au 27ème jour, à la troisième sortie, le 16/12/2020 : L’intervalle depuis la dernière sortie est de 8 jours. J’ai placé les ruches encore sous le hangar. Il a fait beau et la température est montée à 16°. Du coup les abeilles sont sorties doucement le matin ( vidéo de la 3ème sortie au matin) mais très nombreuses l’après-midi. ( vidéo de la 3 ème sortie à 15 h )

Cette journée était une journée portes ouvertes ! Il n’est venu absolument personne. Même les amis apiculteurs, trop occupés, à moins qu’ils aient eu peur de se faire convertir, ne sont pas venus !!! A moins que les vidéos que j’ai mises en ligne aient fait que les apiculteurs n’ont pas vu l’intérêt de venir voir sur place et perdre une après-midi. On se console comme on peut…

Mesure du poids : moyenne de la consommation par jour depuis le début de la mise en cave : les 2 ruches moyennes en population ont consomme 33gs/jour. Cependant la petite colonie et la plus populeuse ont consommé toutes les deux environ 22gs/jour !!! Le fait d’être en petit nombre fait que la consommation est aussi importante qu’une colonie très forte ? Cela est du tout simplement au fait suivant : pour maintenir la grappe à une température donnée, il est plus facile à une population importante de dégager de la chaleur sans trop dépenser d’énergie vu que le contact avec l’extérieur, donc le refroidissement, est faible par rapport au volume de la grappe. Alors que pour une petite colonie c’est tout le contraire ! Plus la grappe est petite en volume et plus chaque abeille consomme du miel ou utilise ses réserves de gras pour que l’ensemble soit à la bonne température de survie… C’est pourquoi au-dessous d’un certain nombre d’abeilles, les colonies sont en grand danger de mort lors de fortes gelées.

Comptage des varroas : la ruche 1 est remonté à 1.5/jour, la ruche trois à continuer à descendre à 0,12 / jour et la ruche 5, la plus populeuse est retombé à 1.75/ jour. A suivre pour voir si chaque ruche a, ou aura un pic de chute de varroas suivi par une descente en continue comme je l’espère… 

Comptage des abeilles mortes : il y a eu un peu plus de mortalité que pendant l’intervalle précédent : ruche 1 : 3.1 abeilles/jour, ruche 2 : 2.8 abeilles/jour, ruche 3 : 2.5 abeilles/jour et ruche 5 : 7.6. Ce qui reste très raisonnable en fonction de la taille des colonies !

Observations sur la mémoire des abeilles : comme il a fait chaud toutes les colonies sont sorties en grand nombre et donc pour la première fois toutes les abeilles ont pu mémoriser ce nouvel emplacement de dessous le hangar.

28ème jour, sortie exceptionnelle de 2 ruches pour le reportage de FR3, le 18/12/2020 : L’intervalle depuis la dernière sortie est de 2 jours. Il a fait beau et la température est montée à 16°. J’ai ressorti uniquement 2 ruches sur 4, la n°1 ( Buck fast) et la ruchette n°2 (mélange d’abeilles noires et Italiennes). Pour essayer de les faire sortir un peu plus tôt, afin que FR3 puisse faire des « images », je les ai changé d’emplacements en les mettant devant la cuisine, plus au soleil à environ 10 mètres du hangar.

Le journaliste et le caméraman sont arrivés vers 10 heures. Pendant tout le tournage, les abeilles sortaient au ralenti. C’était un peu triste, et j’étais déçu qu’il y ait aussi peu d’activité pour la venue de FR3. Ils sont partis vers 12h15.> reportage FR3 du 18-12 

Mais moins de 20 minutes après leur départ, ce fut la ruée vers le soleil. Tellement que l’on pourrait se dire que les abeilles ont l’air stressées. Mais non, comme elles sont justes nombreuses à vouloir soulager leurs entrailles, elles sortent toutes en même temps, d’où cette nuée d’abeille ! Je pense qu’à un moment donné, la grappe, qui est au départ en léthargie, à partir d’une certaine température à l’intérieur de la ruche décide d’un coup de se dissocier et du coup toutes les abeilles se ruent vers le soleil ! J’ai pris une vidéo pour l’envoyer directement au journaliste> vidéo du 18-12 à 13h . Elle est arrivée sur sa boîte mail avant qu’ils n’arrivent à Toulouse ! Deux jours avant cela avait fait pareil, les abeilles sortaient de plus en plus et tout d’un coup, il y a eu une nuée. Alors qu’à la deuxième sortie, où il a fait plus froid, si les abeilles sont peu sorties et il n’y a pas eu cette ruée.

Observations sur la mémoire des abeilles : à partir du moment où les abeilles sont sorties en grand nombre, certaines d’entre elles, une cinquantaine au moins, sont retournées 10 mètres plus loin à l’emplacement de l’avant-veille de la ruchette qui a toujours connu cet emplacement sous le hangar ! Je dus faire comme à la toute première sortie :  j’ai amené la ruchette à cet emplacement pour récupérer toutes les butineuses égarées ! Si cela continue, la ruchette sera la plus populeuse des 4 ruches ! Par contre il y avait très peu d’abeilles qui revenaient à l’emplacement précédent sous le hangar où j’avais mis la Buck fast.  Conclusion, Il semblerait que certaines abeilles de la ruchette sont revenu à l’emplacement précédent. A la réflexion, vu ce qui précède et ce qui suit, c’étaient certainement des abeilles noires qui étaient rentré dans la ruchette pour ne pas mourir à la première sortie. Je n’ai malheureusement pas fait attention à ce critère ce jour-là. En revanche, les abeilles de la Buck fast (d’aspect Italienne) ne sont pratiquement pas revenu à l’emplacement précédent ce qui laisse à penser que ce type d’abeille a besoin d’un peu plus de temps pour acquérir une nouvelle géolocalisation.

Bilan du 29ème jour au 40ème jour :

Trop Cool ! On n’entend pratiquement plus les abeilles. Juste un très léger vrombissement quand on met l’oreille contre la paroi extérieure de la ruche. Calme plat, circuler, il n’y a rien à voir et à écouter : j’ai fait plus de vélo !  J’attends avec impatience la sonde thermique que j’ai commandé pour pouvoir mesurer la température à l’intérieur des ruches.

Bilan du 40ème jour, à la quatrième sortie, le 29/12/2020: L’intervalle depuis la dernière sortie est de 13 jours. Comme il a fait froid, 7° à l’extérieur à 14h, les abeilles ne sont pratiquement pas sorties. J’ai sortie toutes les colonies pour les mettre devant la cuisine à une dizaine de mètres du hangar.

Mesure du poids : Il fait de plus en plus froid et les abeilles consomment plus de miel. La ruchette (2) et la ruche la plus forte(5) ont consommé la même quantité, soit environ 65 g par jour et les deux autres respectivement 75 g pour la n°1 et 90 g pour la n°3.

Comptage des varroas : la ruche n°1 est montée encore à 1.75/jour et la ruche n°5, la plus populeuse, est tombé à 1.6/jour. Je n’ai pas pu mesurer les varroas sur la ruche trois ayant bêtement oublié de remettre le sous-plateau … C’est peut-être pour cela qu’elle a consommé plus de miel que les autres, étant moins isolée thermiquement.

Comptage des abeilles mortes : il y a eu un moins de mortalités que pendant l’intervalle précédent : ruche n°1 : 0.7 abeilles/jour, ruche n°2 : 0.38 abeilles/jour, ruche n°3 : 2.1 abeilles/jour et ruche n°5 : 5.8.

Observations sur la mémoire des abeilles :comme il a fait froid, très peu d’abeilles sont sorties pour un nouveau repérage, et seulement un petit nombre d’abeilles sont retournées à l’emplacement près du hangar de la 3ème sortie (certainement encore des noires ?). Donc la grande majorité abeilles des ruches n° 5 et 3 n’ont pas pu repérer ce nouvel emplacement où je les ai mises ce jour-là pour la première fois.

Malgré le froid les abeilles continuent à consommer le Candy posé sur le couvre-cadres.

Bilan du 41ème jour au 60ème jour.  Les ruches sont toujours d’un calme olympien !

 Vidéo bilan au 42ème jour d’hivernage 

Prise de température à l’intérieur des ruches : Je viens de recevoir la sonde thermique de boulanger que j’avais commandée sur internet. La partie sonde mesure trente centimètres. En passant par l’orifice fait pour insérer l’abreuvoir à oiseau, elle va me permettre de mesurer la température au centre de la grappe. Résultats :  ruche 1/36.1°, ruchette 2/39.1°, ruche 3/33.3° et ruche 5/39.4°. Comme j’ai vérifié l’étalonnage de la sonde, il n’y a pas de raison de douter de ces chiffres. Catastrophe ! D’après ce qui se dit sur internet, s’il n’y a plus de couvain, la température du centre de la grappe se situerait aux alentours de 25° ! Il y aurait donc encore du couvain au 41ème jour dans mes quatre ruches ! Pour vérifier j’ai décidé de regarder à l’intérieur de la ruchette, qui affichait une température de 39.1° au cœur de la grappe au milieu de la ruche. Comme il fait trop froid en extérieur, j’ai imaginé d’ouvrir cette colonie dans une pièce close, dans le noir. J’ai d’abord chauffé la pièce, la ruchette à l’intérieur, à 18° au préalable pendant 3 heures, pour que les abeilles ne soient plus en grappe, et pour ne pas les refroidir. J’ai visité avec une lampe frontale de lumière rouge pour ne pas inciter les abeilles à s’envoler. Avant d’ouvrir, j’ai légèrement enfumé la ruchette à son entrée, puis par-dessus après avoir légèrement soulevé le couvre cadre. J’ai pu alors rapidement examiner le cadre central de la ruche. Ouf ! il n’y avait absolument aucun couvain : ni larves ni cellules operculées !. Cela s’est très bien passé : je n’ai perdu que trois abeilles qui étaient montées sur moi en marchant sur ma main. A priori pour mes ruches il n’y a pas de corrélation avec l’absence de couvain et une température basse de la grappe. Est-ce dû au fait que mes abeilles sont dans le noir complet ou tout simplement une légende qui traine sur internet et que personne n’a jamais vérifiée ?  Conclusions : il n’y aurait pas corrélation entre la température de la grappe et la présence de couvain. On peut faire une visite rapide avec une lampe éclairant dans le rouge de l’intérieur d’une ruche, dans une pièce chauffée et obscure.

J’ai pesé une ruchette vide pour savoir combien de réserve avait l’essaim sur 5 cadres : résultats il n’a que 3 kilos de miel de réserve. J’ai donc décidé de sortir la ruchette malgré une température de 9° seulement. J’ai mis rapidement 2 kilos de Candy directement au-dessus des cadres, pour m’assurer que les abeilles ne manqueront pas de réserve. Les nettoyeuses ont sorti 7 abeilles mortes ce jour-là.

Pour le moment les prévisions de températures extérieures à 10 jours se situent en dessous de 5° l’après-midi donc je ne sais pas quand je ferai la prochaine sortie.

Bilan du 61ème jour, à la cinquième sortie, le 29/12/2020: L’intervalle depuis la dernière sortie (la 4ème devant la cuisine, où peu d’abeilles sont sorti à cause de froid) est de 21 jours, et de 35 jours depuis la 3ème sortie (sous le hangar) très appréciée par les abeilles à cause de la température de 16° qu’il a fait ce jour-là.

J’ai sorti toutes les colonies pour les remettre devant la cuisine. Comme il a fait chaud, 22° à l’extérieur à 15h !, les abeilles sont sorties en grand nombre. > Vidéo  de la 5ème  sortie au 61ème jour d’hivernage

Cette sortie fut pleine de surprises … Le premier constat fut de voir que les ruches n’avaient, ni diarrhée ni nosémose, malgré le temps passé sans sortir, ce qui était très positif et de bon augure. Mais j’eus la surprise de voir une grande quantité d’abeilles qui retournaient sous le hangar à un seul emplacement, comme s’il n’y avait que les abeilles d’une seule ruche sur les quatre qui se rappelaient le hangar où elles étaient à la 3ème sortie 35 jours plus tôt ! Je ne comprenais rien sur le moment, mais pour éviter de perdre ces abeilles à forte mémoire je mettais la ruchette (encore !) à cet emplacement… Mais à la visite le jour même des corps de ruches, je constatais que la ruche n°3 était dépeuplée, et que c’était certainement une partie de ses abeilles, qui retournait sous le hangar, sans me rappeler sur le moment que c’étaient les abeilles d’aspect « Abeilles noires du pays » (voir la vidéo). C’est en relisant mes notes et en regardant les photos que j’ai pu confirmer que c’était bien la ruche n°3 (abeilles d’aspect « Noires du pays ») qui était à l’emplacement où les abeilles sont retournées à la 5ème sortie ! J’avais noté pour la ruche n°3 qu’au milieu d’abeilles majoritairement petites et noires j’avais vu une belle reine noire et très allongée, pendant la première visite après avoir ramassé cet essaim le 08-07-2020.

On voit aussi dans la vidéo de la 5ème sortie que ce sont principalement des abeilles noires qui rentrent dans la ruchette et sur le zoom que j’ai pris sur les abeilles posées près de la ruchette on voit bien un mélange des 2 types d’abeilles ! Donc on peut en conclure qu’après un apprentissage de repérage d’une seule après-midi les abeilles de type « Italienne » ont perdu, pour la majorité, la mémoire au bout de 2 jours (voir sortie pour le reportage de FR3 2 jours après la 3ème sortie, alors qu’une partie des abeilles de type « Abeilles noires du pays » en ont gardé la mémoire au moins pendant 35 jours !

La grande majorité des abeilles sont restées sans sortir pendant 35 jours entre la 3ème et la 5ème sortie sans qu’il y ait la moindre trace de diarrhée ni de nosémose au 61ème jour d’hivernage. Donc on pourrait les laisser en cave sans sortir pendant un mois. Remarque : si ces ruches avaient été laissées à l’extérieur, les abeilles ne seraient pas sorties non plus, donc à l’extérieur les risques ne sont pas moindres pour ce genre de problème. Mais par précaution et pour le bonheur des abeilles, je vais proposer de sortir les abeilles obligatoirement une fois au moins tous les 15 jours pour l’expérimentation 2021-22 pour diminuer les risques de nosémose surtout s’il fait un temps très humide !

Comme il faisait chaud, j’ai décidé d’ouvrir toutes les ruches pour vérifier qu’au 61ème jour il n’y avait toujours pas de couvain et ce fut le cas ! (Voir la vidéo). Elles n’ont pratiquement rentré de pollen ce jour-là comme à toutes les sorties, j’en ai donc conclu qu’il n’y aurait pas de ponte non plus. Mais la suite me donna tort comme vous pourrez le constater sur les vidéos à venir…

Comptage des varroas : la moyenne de chute par jour continu de baisser : ruche n°1 : 0.5/jour,  ruche n°3 : 0.14/jour et ruche n°5 : 0.5/jour

Comptage des abeilles mortes : il n’ y a eu pas plus  de mortalités que pendant l’intervalle précédent : ruche n°1 : 6 abeilles/jour, ruche n°2 : 1.7 abeilles/jour, ruche n°3 : 0.71 abeilles/jour et ruche n°5 : 3.3

Bilan au 69ème jour, à la sortie définitive, le 29/01/2021 : L’intervalle depuis la dernière sortie (n°5) est de 9 jours.   Température extérieure : 15° mais peu de soleil. Voir la vidéo : De la sortie définitive des ruches tests après 69 jours passés en cave jusqu’au 9ème jour de liberté !

J’ai décidé de sortir les ruches définitivement au 69ème jour car vu que je ne les ai pas traitées et qu’il n’y avait pratiquement plus de varroas qui tombaient, cela ne servait à rien de les garder plus longtemps en hivernage en cave. Surtout que les 70 jours passés en cave leur ont permis de rester très populeuses et que les premières miellées, mimosas et pissenlits risquaient de commencer. Cependant j’ai poussé à la ponte dès le premier jour de sortie en donnant en moyenne environ 200ml/jour de sirop complémenté avec du pollen bio à 5% pour que les reines se remettent à la pondre. (Composition du sirop : 2kg de Candy + 250g de miel+2 litres d’eau + 10g de pollen)

Contrairement à ce que je dis dans la vidéo de la 5ème sortie, je n’ai pas fait de traitement à l’acide oxalique, ni à aucun autre produit avant de sortir les ruches définitivement car je suis persuadé que moins on traite les colonies mieux elles se portent et que l’on a en conséquence du miel et de la cire de meilleure qualité sans résidus de produits toxiques. Mais en revanche j’enlèverai le premier cadre de couvain pondu de chaque ruche et après avoir observé quel est le taux d’infestation du varroa pour savoir exactement où en étais les colonies avant la sortie définitive, je brulerais ces cadres pour détruire toutes les larves de varroa. Voir ce site :  http://www.eap.mcgill.ca/agrobio/ab370-08.htm  

En fonction de ce qui s’était passé à la 5ème sortie, j’ai commencé par amener la ruchette n°2 et la ruche n°5 au rucher dans le but de confirmer la différence de capacité de mémoire entre les abeilles de type « Noires » et les « Italiennes ». J’ai d’abord ouvert la n° 5, de type « Italiennes » pour voir si ses occupantes allaient retourner devant la cuisine de la maison où je les avais sorties 9 jours plus tôt. Résultat : au bout d’une heure, une seule abeille est revenue à cet emplacement et elle était de type « Noires » ! Donc les abeilles « Italiennes » avaient bien perdu la mémoire de leur emplacement précédent.

J’ai ouvert ensuite la ruchette qui contenait un mélange d’abeilles, dont quelques abeilles noires récupérées de la ruche n°3 (abeilles noires) à la 5ème sortie, partant du principe que celles-ci risquaient de se souvenir de l’emplacement près du hangar. Malgré la température fraiche du matin cela s’est avéré le cas, et rapidement il y a eu une vingtaine d’abeilles, principalement d’apparence noire qui sont retournées sous le hangar. Certaines avaient cependant un peu d’anneaux orangés, ce qui laisse à penser que la reine noire a été fécondée aussi par des mâles de type « Italien » (voir la vidéo), mais que ces abeilles nées de cette union avaient certainement les gènes responsables de la bonne mémoire des abeilles noires tout en ayant un peu le caractère phénotypique de l’aspect extérieur « Italienne ». J’ai donc ramené la ruchette au hangar rapidement. Tout cela a bien confirmé que les abeilles de type « Abeilles noires du pays » ont une meilleure mémoire que les abeilles de type « Italienne » pour la géolocalisation.

J’ai ensuite sorti les deux dernières ruches la n°1 (Buck fast) et la n°3 (Abeilles noires) devant la cuisine en les remettant au même emplacement qu’à la sortie précédente.

Au deuxième jour de sortie définitive, pour renforcer la ruche 3 en population, j’ai fait passer la ruche n°1 de l’autre côté de la ruche n°3 sans déplacer celle-ci. Du coup cette dernière a récupéré de nombreuses abeilles de la ruche n°1. Ce qui était le but du jeu … Je rappelle que, lors de la 5ème sortie, la ruche n°1 avait récupéré les abeilles de la ruchette que j’avais dû ramener sous le hangar pour ne pas perdre les abeilles de la ruche n°3 qui , 35 jours après, revenaient à cet emplacement sous le hangar.

Le lendemain, comme il ne faisait toujours pas très chaud, je n’ai visité que la ruchette. N’ayant aucune idée de sa population, vu tous les micmacs qui l’ont concerné, j’en ai profité pour la transvaser dans une ruche au cas où elle serait très populeuse à force de récupérer les abeilles des autres ruches. Cela n’était pas flagrant, mais je les ai transvasées quand même. J’eus la surprise, alors que je pensais qu’il n’y avait toujours pas de ponte, de voir quelques alvéoles de couvain fraichement operculé (Cire très claire et un peu molle), une quinzaine environ, non contiguës. Vu leurs avancements, je pense que la reine de cette ruche avait pondu ces quelques larves, certainement le jour de la 5ème sortie, 9 jours avant …  Cela s’est confirmé à la visite du 6ème jour (voir plus loin) ainsi que pour les trois autres qui se sont mise à pondre aussi aux alentours de la 5ème sortie ! Il était temps de les sortir de la cave …

Le soir du deuxième jour de sortie définitive j’ai amené, en les fermants, les trois ruches sorties devant la maison, pour les mettre chez un ami pendant une semaine, de façon à, passé ce délai, pouvoir les ramener définitivement à mon rucher sans perdre de butineuses.  J’ai pu laisser la ruche 5 au rucher puisque les abeilles n’étaient pas revenues devant la maison.

Comptage des varroas : la moyenne de chute par jour est resté stable pour la ruche n°1 : 0.4/jour mais a réaugmenté pour la ruche n°3 : de 0.14/jour à 0.55, ainsi que pour la ruche n°5 : 0.5/jour à 0.77. Ceci est certainement dû à la chute des varroas qui sont morts après avoir pondu sur le couvain frais.

Comptage des abeilles mortes : il n’y a eu pas plus de mortalités que pendant l’intervalle précédent : ruche n°1 : 3 abeilles/jour, ruche n°2 : 1.7 abeilles/jour, ruche n°3 : 0.22 abeilles/jour. Sauf pour la ruche n°5 : 22 / jour !!! Mais en inspectant les abeilles mortes, vu qu’elles étaient en majorité grignotées, il y a de forte chance qu’une souris ait réussi à rentrer dans cette ruche pour faire un festin !

C’est la dernière fois que j’ai compté les abeilles mortes puisque les ruches étant de nouveau en extérieur, il est impossible de compter les abeilles mortes !

Bilan du 6ème jour depuis la sortie définitive, le 02/02/2021 :

Voir la vidéo : De la sortie définitive des ruches tests après 69 jours passés en cave jusqu’au 9ème jour de liberté !

Comme il a fait chaud, j’en ai profité pour faire la première visite intégrale du corps de ruche de toutes les colonies. Les réserves de miel sont encore importantes pour toutes les ruches, il y a des alvéoles remplis de nectar (ou du sirop que je leur donne depuis plusieurs jours) et du pollen frais. Elles en rentraient en quantité et de plusieurs couleurs, preuves de plusieurs floraisons simultanées ce jour-là.

Toutes avaient, sur un même cadre, du couvain frais et aussi un peu de couvain operculé, de quantité variable selon la colonie, et qui date donc du jour de la sortie n°5 au 61ème jour de confinement, il avait fait 22° au soleil ce jour-là, il n’est donc pas étonnant que cela ait provoqué un peu de ponte. Ce couvain operculé a donc été pondu il y a 15 jours. Il faut donc que j’enlève et détruise ce cadre avant 21ème jour (depuis la ponte) pour que, s’il y a des varroas qui ont été pondus dans ces alvéoles, ils ne puissent pas sortir avec l’abeille naissante et risquer de réinfecter la ruche ! Seul la ruche n°5, restée au rucher, avait en plus un début de ponte sur un deuxième cadre avec des œufs encore verticaux, tous frais pondus.  Pendant ces visites, j’ai pu apercevoir et filmer la reine Buck fast (ruche n° 1) et la reine noire (ruche n° 3).

Il est possible qu’au bout d’un certain nombre de jours de mauvaises conditions (ici l’encavement), et ce, quelles que soient les conditions, les reines, instinctivement, se remettent à pondre spontanément, mais un jour de sortie cependant, à cause d’une température trop élevée, même s’il n’y a pas d’apport de pollen ou de nectar … Il faudra en tenir compte dans le futur protocole et donc ne pas faire durer le confinement plus de 60 jours et même inciter à la ponte à la sortie du 50ème jour pour maitriser le moment où la reine se mettra à pondre. Ceci afin de supprimer le premier cadre de couvain dans les meilleurs délais, en étant sûr que les varroas pondus ne ressortent pas avec les premières abeilles naissantes 21 jours après, durée de la maturité d’une abeille depuis l’œuf pondu et jusqu’à sa sortie de l’alvéole.

Bilan du 9ème jour depuis la sortie définitive, le 05/02/2021 : C’est le jour que j’ai choisi pour retirer le premier cadre de couvain de chaque ruche : 19ème jour après le début supposé de la ponte des reines. Il n’a pas fait très chaud (12°) ce jour-là donc je n’ai fait que prendre les cadres de couvain que j’avais pris la précaution de marquer lors de la visite du 6ème jour.

Comptage des varroas (chute naturelle sur le sous plateau) : la moyenne de chute par jour est variable :  pour la ruche n°1 et la n°3 : 0.25/jour donc plus faible que précédemment, mais a augmenté fortement pour la ruche n°5 : de 0.55/jour à 2.4, Comme nous le verrons ces chiffres sont en corrélation directe avec le nombre de varroas trouvés dans les alvéoles des cadres de couvain prélevé.Comme j’avais transvasé la ruche n°2 dans une ruche j’ai pu enfin compter les varroas et il en était tombé un en moyenne par jour.

Comptage des varroas sur les cadres de couvains prélevés dans chaque ruche :

Le premier comptage que j’ai fait le jour même a montré très peu de varroas. Mais j’ai suspecté que cela pouvait venir du fait que les varroas fraichement pondus étaient peu visibles car en tant que larves ils sont blancs et transparents et donc difficiles à voir sur les larves d’abeilles de même couleur. On en aperçoit plusieurs sur les vidéos que je n’avais pas vus à l’œil nu ! J’ai donc refait un nouveau comptage 3 jours après et j’en ai vu alors plus, surtout sur la ruche n° 5. Ils n’étaient pas morts, contrairement aux larves d’abeilles, et comme la plupart étaient devenu matures ils étaient de couleur sombre et bien visibles !!!  Les varroas pondent un œuf toutes les 30 heures, 8 au grand maximum, ils peuvent donc pondre jusqu’au 9ème jour après la reprise de la ponte de la reine.

Résultats des comptages des varroas sur les cadres de couvains :

Ruche n°1 (Buck fast) : 50 alvéoles operculées> pas vu de varroas sur les larves même les plus avancés / J+3 : vu 3 varroas sur une même larve et aucun sur le couvain non operculé. Cette ruche est donc à ce stade très peu infesté.

Ruche n°2 (essaim de septembre / mélange d’abeilles) :  15 alvéoles operculées> pas vu de varroas sur les larves même les plus avancés / J+3 : pas vu de varroa non plus !? Cette ruche paraît donc à ce stade très peu infesté.

Ruche n°3 (abeilles noires) :  20 alvéoles operculées> vu un varroa sur une larve /J+3 : pas vu de varroa supplémentaire.  Cette ruche est celle qui a toujours eu très peu de varroas par chute naturelle il est donc normal que cela confirme maintenant que son taux d’infestation est faible.

Ruche n°5 (essaim de mai le plus infesté depuis le début) : 250 alvéoles operculées > vu 3 varroas sur les quelques abeilles qui étaient en train de naitre : il était grand temps d’enlever les cadres de couvain !!! / j+3 :  décompte sur 100 larves operculées : 30% des alvéoles infectées par au moins un varroa, mais je n’ai vu qu’un seul varroa sur une larve non operculée. Ce qui peut signifier, du moins je l’espère, que tous les varroas ont pondu dans les premiers jours de ponte de la reine et qu’en enlevant le premier cadre de couvain, je réussirai à diminuer très fortement le taux d’infestation de ce parasite.

Voir la vidéo : De la sortie définitive des ruches tests après 69 jours passés en cave jusqu’au 9ème jour de liberté !

Les varroas tombés sur les sous-plateaux durant les derniers 19 jours sont certainement ceux qui auront pondu, ce qui confirmerait l’hypothèse qu’après une longue période sans couvain les varroas se précipitent pour pondre sur le nouveau couvain. Il risque d’y en avoir qui tomberons encore la semaine qui suit celle-ci, car Ils ne meurent pas tous immédiatement après avoir pondu. Mais Il faut espérer qu’il n’y en que très peu, ou mieux, pas du tout les semaines suivantes…

A suivre …

Comme vous le voyez, tout cela est très encourageant et confirme les hypothèses ! Venez donc nous rejoindre dans l’expérimentation à partir de cet automne.

Envoyez-moi un mail : lerucherdecantegril@orange.fr

Xavier Dumont 06 25 84 96 02

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